Livraison gratuite partout au Canada à l'achat de 38$ et plus // Cadeau à l'achat de 50$ et plus

Mon papa n’existe plus

Petite, mon papa était mon héros et mon modèle. J'étais en totale admiration devant mon père. Il était le plus fort, le plus grand et le plus intelligent. Petite, j'étais une « fille à papa », comme plusieurs petites filles d’ailleurs. Je le suivais partout. Je voulais être avec lui lorsqu’il travaillait et ça donnait beaucoup de crises de ma part. Je ne comprenais pas que je ne pouvais pas aller remorquer des voitures accidentées avec lui et que je ne pouvais pas les réparer avec lui par la suite.

Je l’aimais mon papa. J’aimais ce papa-là!

J’ai grandi et l’adolescence est arrivée de plein fouet dans le visage de mon père (et du mien par défaut). Je grandissais, j’évoluais et je faisais mes propres choix. Des choix que mon père ne tolérait pas toujours. Mon adolescence a été très mouvementée, comme la plupart d’entre nous. J’étais en quête d’identité, d’amour et d’amitié comme jamais. Tout ce que mon père me disait de faire, je faisais le contraire… et ça, juste pour le mettre hors de lui.

Plus je m’opposais, plus il me menaçait et plus il me menaçait, plus je m’opposais. Nous étions dans un beau cercle vicieux.

Toute cette hargne et cette frustration cachaient quelque chose de bien plus gros qu’un simple syndrome d’opposition de ma part. La perte de contrôle que mon père avait sur moi.  Je n’étais plus une petite fille docile qui le suivait partout pour l’admirer lorsqu’il finissait une « job » de peinture sur une voiture. Je devenais une jeune femme qui avait comme seul intérêt les soirées bien arrosées entre amis. 

Il perdait sa fille chérie. 

Il perdait le contrôle et malheureusement, il l’a perdu dans la plupart des sphères de sa vie.

C’est là que l’alcoolisme est entré dans nos vies. Je dis bien dans « nos » vies parce que ce problème ne détruit pas seulement la personne qui consomme, mais toutes les personnes qu’elle aime et qui l’aiment.

Mon père était malade. Mon père est malade. Il souffre d’alcoolisme. Un problème qui en  cache beaucoup d’autres. Il a fait quelques thérapies. Il a été sobre pendant un an. La plus belle année de ma vie d’adolescente. Mais comme plusieurs, il est retombé. Pourquoi? J’ai quelques hypothèses, mais je ne le saurai probablement jamais.

Mon père souffre.

Il souffre en silence et ça me fait mal de ne pas pouvoir l’aider.

Pour vouloir de l’aide, il faut admettre que nous n’allons pas bien. Cette étape, mon père ne l’a pas encore franchie. Je ne sais malheureusement pas s’il va la franchir un jour.

J’aimerais ça. J’aimerais beaucoup ça t’aider papa!  Ça serait, pour moi, le plus beau cadeau de la fête des Pères. Le cadeau d’une vie meilleure. Une vie plus saine et plus heureuse.

Je t’aimerai toujours papa, mais depuis que tu as toutes ces bibittes dans la tête, et que tu essaies de les noyer tous les jours sous plusieurs millilitres d’alcool, ça me demande beaucoup plus d’efforts.

 

J’aimerais retrouver le papa que j’admirais. Le papa qui était mon héros.

Le papa que j’ai devant moi, ce n’est pas le mien.

Laisser un commentaire

Veuillez noter que les commentaires doivent être approuvés avant d'être publiés